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samedi 20 mars 2010

De la terre inconnue à la transparence du coeur

En chaque être, il existe une terre inconnue, ignorée, refoulée, mal aimée et projetée subtilement à l'extérieur de soi. Cette terre, devenue infertile puisque mal aimée a pris une place considérable dans ce monde. Si je ne peux reconnaître en moi mes peurs de ne pas exister, de ne pas être à la hauteur et de ne pas être aimé, je vais aller dans le monde extérieur avec un EGO chargé de cette quête invisible, subtile, ravageuse voire prédatrice. Le pouvoir de l'EGO est, entre autres l'identification. Si je suis tellement identifié avec mes pensées, je vais me rigidifier, me cabrer sur mes positions, là où il est tellement nécessaire d'acquérir une flexibilité entre la personne que je suis et ce que je fais.
Les peurs sont le lieu de l'EGO, de quoi avons nous peur ? du vide.
Il est temps de faire le point, le vide c'est l'intérieur et la "terre inconnue" ...
C'est là où l'intériorité est nécessaire, non pas comme une finalité qui nous égarerait vers un individualisme dépassé, mais comme un équilibre entre l'être et le faire, l'intérieur et l'extérieur ...
Ce n'est que dans la reconnaissance et l'amour de cette terre étrangère en chacun d'entre nous que l'humanité renaîtra au-delà de ses peurs et qu'elle pourra aller vers la fraternité, source de son être et de son agir ensemble. Cette terre est étrangère que par le regard qu'on lui porte ... Nous la portons en nous, femme ou homme. Elle est notre lien au Vivant et à la voie créatrice. Il s'agit d'Ecouter, d'Observer, de Créer et d'Agir en Conscience. Ce sont les quatre piliers de la responsabilité individuelle et collective.

Nous n'y arriverons que par l'Amour.

"Le jour où la terre inconnue de notre coeur sera reconnue et aimée, 
libérée de toute manipulation, 
toute l’humanité se réconciliera avec l’humanité."  
Marc Vella - La Caravane Amoureuse



jeudi 24 décembre 2009

Et si nous devenions tous des médecins de la terre ?


Du corps individuel ...

Le corps pour rester en bonne santé doit trouver le juste équilibre entre les nutriments qui proviennent de l'alimentation, l'oxygène et les déchets dans le sang. Il existe un équilibre subtil entre les entrées, les sorties et les systèmes internes qui fonctionnement en interdépendances. Le corps est organisé selon les lois de la nature. Son extrême complexité n'a d'égale que l'incroyable harmonie : des centaines de milliards de cellules, organisées en tissus et organes qui agissent dans des jeux d'interaction sans cesse arbitrés par un équilibre dynamique qui s'adapte aux fluctuations de l'environnement.

Lorsque la maladie s'installe dans un corps, celle-ci ne tombe pas du ciel, au hasard. Elle émerge souvent après une période plus ou moins longue où le corps a fait au mieux pour s'adapter aux perturbations extérieures (stress, rythmes, pollutions, bactéries, chocs ...) ou intérieures (métabolisme déréglé, déficit héréditaire, dépression nerveuse, ...)

Quand les symptômes explosent, c'est le signe que les mécanismes d'autorégulations naturelle ne sont plus suffisants et qu'il faut aider ce corps à trouver un nouvel équilibre. Pour ce faire, il n'est évidemment pas suffisant de supprimer le symptôme.
Le médecin entre ici comme médiateur et réorganisateur des flux du système humain, en lien avec la conscience de l'individu. L'un ne va pas sans l'autre. Les modes de pensée, les façons de gérer individuellement la santé du corps sont multiples.

Le rôle du médecin est ici très exigeant et complexe : il relève d'une capacité d'accueil permettant une écoute subtile de la personne dans les trois niveaux : coeur-corps-esprit. Il nécessite l'humilité d'un être, certes très bien formé et sachant, mais qui doit accepter l'idée que son patient en sait toutefois plus sur lui-même ...

Dans cet équilibre relationnel entre le patient et le médecin, alors il peut se
co-crééer une solution vers la guérison. Quand quelqu'un tombe malade, il s'agit de l'aider à faire qu'à travers sa maladie, il trouve l'occasion de changer d'état de conscience.

Au corps collectif ...

Nous étions récemment (7 - 18 décembre 2009) en plein Sommet sur le climat à Copenhague. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devaient "parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif".
Nous connaissons la suite de l'histoire ...

Qu'avons nous pu observer ?
Il y a eu un dessin de négociations complexes, une gamme de solutions technologiques et économiques pour réduire des émissions de dioxyde de carbone.

Pourtant dans le fond, la solution est "simple", si seulement nous pouvions utiliser la bonne volonté pour la voir.

Ce qui est d’actualité est le fait de savoir si l'humanité a la volonté de simplifier – simplifier les discussions, en reconnaissant le coeur de la question :
- pouvons-nous partager la planète entre nous et avec les autres royaumes de la nature ?
- pouvons-nous réfréner notre soif d’énergie et de ressources ?
- pouvons-nous nous défaire de l’obsession de croissance matérielle, en reconnaissant plutôt le centre de croissance dans la conscience ?
- dans une coquille de noix, pouvons-nous transformer notre culture et simplifier notre mode de vie tout entier ?

Un tel changement planétaire est un changement fondamental de direction, qui est possible seulement avec l'utilisation de la « Volonté de santé » de l’ensemble. Comme notre société mondiale a évolué matériellement de la simplicité à la complexité, le risque est de perdre de vue la simplicité des principes sous-tendus de justes relations au coeur de toutes les communautés en bonne santé. La confiance, la réciprocité et le respect mutuel ont été officialisés en termes juridiques et dans le processus, ils ont été transformés en coques compliquées, affaiblies.

La création d'un traité juridiquement engagé à Copenhague signifie bien peu, à moins que l'esprit de coopération des pouvoirs soit vrai. Cet esprit nécessite un engagement sincère sur des valeurs humaines.

Nous sommes tous les médecins de la terre. Il nous est demandé de retrouver l'équilibre entre la terre et les humains.

Si l’on a dit des cathédrales qu’elles sont des « livres de pierres », on peut dire que le corps humain - dont la structure s’ordonne sur le même schéma - est un « livre de chair ».

Et si nous choisissions pour 2010 de co-crééer une solution vers la guérison, si nous écoutions ensemble battre le coeur de la terre et choisissions de vivre de justes relations au coeur de toutes les communautés, en visant la bonne santé du Tout ?

Je m'engage pour cela.



samedi 15 août 2009

De l’Humus à l’Humain, par Pierre Rabhi

"La terre… Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons durant toute notre vie, quand nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors-sol qui nous la rendent encore plus étrangère ?
La terre nourricière est, parmi les quatre éléments majeurs, celui qui n’a pas existé dès l’origine. Il a fallu des millénaires pour que la mince couche de terre arable d’une vingtaine de centimètres à laquelle nous devons la vie puisse se constituer.
Univers silencieux d’une extrême complexité, siège d’une activité intense, elle est régie par une sorte d’intelligence mystérieuse et immanente. C’est dans ce monde discret que s’élaborent, comme dans un estomac, les substances qui permettront aux végétaux de se nourrir, de s’épanouir pour se reproduire, et c’est aux végétaux que les humains et les animaux doivent leur propre survie. Il est donc urgent de reconnaître que la dénomination « terre-mère » n’est pas une métaphore symbolique ou poétique, mais une évidence objective.
Ainsi s’est établie une logique extraordinaire fondée sur la cohésion du vivant."

Partie d'une conférence de Pierre Rabhi donnée dans le cadre des : « Rencontres 2008 » pour préparer le festival Camino de Juin 2009