jeudi 9 juillet 2015

La monnaie, ombres et archétypes de l'inconscient collectif


"Ce que nous ne hissons pas au niveau de notre conscient  
individuel et collectif -
réapparaît dans nos vies comme le destin".
Carl Gustav Jung

Afin de ne pas entrer dans un mode réactif et binaire face aux évènements que nous traversons en lien avec l'Europe et la Grèce, et tout en ayant une pensée fraternelle pour le peuple grec, je souhaite partager ici ce qui me semble être un éclairage intéressant.

C'est cette vidéo, en date du 6 juillet 2015, où Bernard LIETAER partage sa vision sur la crise actuelle et surtout, sur la possibilité de sortir de cette voie unique "dedans/dehors", "riche/pauvre", "euros/... rien !" qui a impulsé l'écriture de cet article.

Il existe bien une troisième voie dans toute situation, et celle-ci demande à faire un pas de côté, d'ouvrir son coeur et de regarder en quoi ce lien "ombilical" à l'Europe, au-delà des aspects positifs, peut engendrer des voies d'exclusions là où il y a moyen de faire communauté !





Bernard Lietaer a écrit un livre paru en mars 2013, qui s'intitule "Au coeur de la Monnaie", Systèmes monétaires, inconscient collectif, archétypes et tabous aux Editions Yves Michel, où il nous invite à un passionnant voyage de 28.000 ans, en levant tour à tour le voile des émotions collectives et inconscientes, des archétypes et de leurs ombres, déposées sur les systèmes monétaires et l'argent. 

A l'époque, je rentrais d'un voyage au Brésil et j'oeuvrais avec plusieurs communautés à préparer la suite afin d'aider à implanter les monnaies complémentaires en France, ces "monnaies Yin", tel qu'en parle Bernard Lietaer. 

Parallèlement, je venais de lire le livre de Joaquim Melo : "VIVA FAVELA, quand les démunis prennent leur destin en main".  Cet homme et sa communauté ont créé au coeur d'une favela au Brésil, ce qui est devenu plus tard la banque PALMAS. Une histoire à lire afin de comprendre que rien n'est jamais perdu et que c'est souvent au coeur de ce que nous pourrions voir de l'extérieur comme l'absurde de la vie que germe à l'intérieur, d'une poignée d'êtres, des graines de résilience qui donnent à apprendre pour d'autres.



Présentation du livre : "Au Coeur de la monnaie" de Bernard Lietaer

"Est-ce que l'argent moderne est en cohérence avec nos besoins et valeurs d'aujourd'hui ? Et si nos systèmes monétaires constituaient le dernier grand tabou de notre époque ? Et s'ils étaient en fait fondés plus sur des émotions collectives et inconscientes que sur une rationalité ?
Expert de la question financière, Bernard Lietaer nous convie à un passionnant voyage de vingt huit mille ans jalonné par des archétypes, de la préhistoire à Wall Street. Il aborde notamment ceux de la grande Déesse, de la féminité, de l'argent YIN. La mise en lumière de la dimension émotionnelle de la monnaie nous renvoie aux tréfonds de notre psyché. Il s'agit de guérir nos blessures face à l'argent pour le remettre à sa place de serviteur au lieu de maître. L'auteur tire de ce voyage des enseignements très actuels pour éclairer les choix monétaires du XXIème siècle.
Alors que la situation du système monétaire global de la planète semble devenir ingérable, ce travail de recherche, très bien documenté, ouvre des opportunités exceptionnelles pour trouver des réponses innovantes hors du cadre de la pensée unique".



En quoi ce livre est une pépite ? 

Déjà, il offre un tour d'horizon large et un historique poussé des monnaies, ensuite il permet d'entrer et de révéler les paradoxes et complémentaires de l'inconscient collectif qu'il reste à relier, il nous propose de rencontrer l'archétype manquant selon l'auteur, et son "tyran" invisible. 

Pour comprendre à quel point la monnaie donne forme à la société "là dehors", l'auteur nous propose de fermer le cercle et de mettre en lumière de quelle façon elle agit au plus profond de notre psyché "ici dedans", car c'est bien là que se dissimule le moteur de toutes nos actions.

Voici quelques uns des thèmes que je souhaite développer ici et auxquels l'auteur tente de répondre dans cet ouvrage (de plus de 600 pages)  :
- Pourquoi la monnaie a-t'elle acquis une si forte influence dans le monde actuel ? 
- Collectivement, pourquoi des marchés financiers supposés rationnels souffrent-ils périodiquement de spéculations et d'incroyables crises irrationnelles et destructives ? 
- Pourquoi suscite-t'elle des émotions violentes et polarisées chez la plupart des individus ?

La dynamique des systèmes de monnaies locales y est évidemment largement présentée. Celles-ci, nous le savons, ne remplacent pas les monnaies nationales conventionnelles mais les complémentent (TAO). Ainsi, et comme évoqué dans la vidéo ci-dessus, les gens les utilisent pour résoudre des problèmes que les monnaies conventionnelles se sont constamment montrées incapables de résoudre. Ces monnaies complémentaires entrent alors au service de la création d'une dynamique circulaire et locale en cas de crise, le rétablissement des liens dans les communautés, la création de travail utile et gratifiant, une écologie durable et l'attention aux seniors dans une société vieillissante. 

Bernard Liaetar conclut : "si les meilleurs modèles étaient mis en oeuvre d'une manière systématique, ces innovations monétaires pouvaient réaliser "l'abondance sur la planète en une génération. Pour l'humanité, l'abondance durable serait la capacité de s'épanouir et de croître matériellement, émotionnellement et spirituellement sans gaspiller les ressources de nos descendants. Toutefois, une question fondamentale demeure : doit-on considérer ces innovations monétaires comme des modes passagères, ou sont-elles les signes précurseurs d'un changement fondamental de la nature de la monnaie ?"

Je ne vais pas synthétiser le livre ici, il est de taille comme je l'ai déjà évoqué. Toutefois, je souhaite relever ici les points essentiels et actuels pour comprendre l'envers de la "pièce" et entrer dans les coulisses de l'inconscient collectif et individuel.

En préambule, une définition essentielle de la Monnaie donnée par l'auteur :


"La monnaie n'est pas un objet ; 
c'est un accord au sein d'une communauté 
pour utiliser quelque chose comme moyen d'échange".


Le livre, dans sa première partie, comprend trois chapitres essentiels pour lever ce voile :

- Chapitre 1 : le langage des archétypes (Apprendre le langage pour décrire les émotions collectives)
- Chapitre 2 : l'archétype manquant (Qu'est-il arrivé à l'archétype dont la monnaie est un attribut ?)
- Chapitre 3 : l'archétype Humain (Confrontations de l'archétype Humain à la vie réelle)

En voici quelques extraits, une quintessence ...

"Une incroyable variété d'objets ou de conventions ont été utilisées comme monnaies par différentes sociétés. Mais, dans chaque cas et dans toutes les sociétés, la majorité des gens assument leur propre système monétaire comme un fait établi. C'est un peu comme un héritage que nous utilisons sans jamais le remettre en question. Et c'est toujours le cas aujourd'hui, même pour la grande majorité des économistes et des experts financiers à quelques exceptions près. 

En d'autres mots, la monnaie tend à être un accord inconscient. Nous nageons dedans.

C'est donc bien dans le collectif inconscient d'une société que nous devons chercher les réponses au sujet de l'origine des émotions que suscite la monnaie.

L'oeuvre de Carl Gustav Jung et de ses disciples dans le domaine de la psychologie des archétypes nous offre un cadre conceptuel bien établi pour explorer l'inconscient collectif. Cette discipline nous aidera à découvrir que, dans une société, les systèmes monétaires sont un reflet important de la perception du monde, de notre nature et plus particulièrement du féminin".

En effet, dans les sociétés ou le féminin n'était pas réprimé, le sexe, la mort et l'argent n'étaient pas les thèmes tabous qu'ils sont devenus dans le monde moderne. Ainsi, chaque fois que le féminin a été réprimé, la conscience a été amputée de ces trois thèmes.

Comme Jung l'écrit : "Ce que nous n'amenons pas au niveau conscient réapparaît dans nos vies comme le destin". Par conséquent, ce destin nous condamne à voir nos vies conduites par nos émotions en ce qui concerne ces trois thèmes. 

Il est significatif que, comme par hasard, le sexe, la mort et l'argent soient les trois attributs principaux d'un seul archétype : celui de la Déesse Mère cosmique. Et cet archétype a été systématiquement refoulé durant plusieurs millénaires dans l'histoire de l'Occident. 

L'auteur poursuit en soulignant : "Je soutiens que pour devenir "entier", individuellement et collectivement, en bonne santé physique et mentale, nous devons réintégrer dans le champ de notre conscience ces énergies amputées. Toutefois, il faut insister sur le fait que réintégrer les énergies de cette Déesse Mère ne signifie en aucun cas le basculement d'une société patriarcale à matriarcale. Le résultat souhaité ici est de trouver un nouvel équilibre entre les deux énergies masculines et féminines, un équilibre qui rende justice aux contributions spécifiques des deux genres". 
L'ultime récompense, objectif de ce livre, est de reconnaître notre blessure au sujet de la monnaie, et par là, d'en faire individuellement et collectivement notre servante au lieu de notre maîtresse.

Revenons à notre proposition de départ : le type de monnaie utilisée dans une société est le reflet de l'inconscient collectif de cette société. Explorer la dimension inconsciente de la monnaie n'est pas une poursuite bénigne.

Archétype (B. Liaetard)
Ma définition de travail des archétypes est simple : un archétype est une image récurrente qui modèle les émotions et les comportements humains et qui peut être observée au travers du temps et des cultures.

Archétype (Jung)
"Les archétypes sont comme le lit des rivières qui s'assèchent lorsque l'eau les abandonne, mais qu'elles peuvent retrouver à tout instant. Un archétype est comme un vieux cours d'eau au long duquel l'eau de la vie s'est écoulée durant des siècles en creusant une profonde tranchée. Plus elle s'est écoulée longtemps dans ce canal, plus elle est susceptible de retourner tôt ou tard dans son vieux lit.
Les archétypes sont des complexes d'expériences qui retombent sur nous comme le destin, et leurs effets sont ressentis au plus profond de notre vie personnelle. L'anima ne croise plus nos chemins comme une déesse mais éventuellement comme une mésaventure intimement personnelle, ou peut-être comme notre meilleure entreprise ! Les archétypes sont à l'âme ce que les instincts sont au corps. 

Jung prétendait que "toutes les idées les plus puissantes dans l'histoire nous ramènent aux archétypes." C'est particulièrement vrai pour les idées religieuses, mais les concepts centraux de la science, de la philosophie et de l'éthique n'échappent pas davantage à cette règle. En effet, "c'est une fonction de la conscience, non seulement de reconnaître le monde extérieur au travers de la porte des sens, mais aussi de traduire notre monde intérieur en une réalité visible."

Les ombres
Outre les archétypes, l'autre concept qui sera nécessaire pour explorer l'inconscient collectif de la monnaie est l'ombre. L'origine de ce concept fut un rêve que Jung lui-même a décrit dans son autobiographie. Je définirai une ombre comme la manière dont un archétype se manifeste quand il est refoulé.

                              "Le rêve d'ombre de Jung" (Extrait de Mémoires, Rêves et Réflexions)
Il faisait nuit dans un endroit inconnu et je progressais lentement et péniblement contre un vent violent. Un brouillard épais m'entourait de partout. Je préservais dans le creux de mes mains une faible lumière qui menaçait de s'éteindre à chaque instant. Tout dépendait de conserver cette petite flamme en vie. Soudainement, j'eus la sensation de quelque chose derrière moi. Je me retournai et vis une gigantesque figure noire qui me suivait. Quand je me réveillai, je compris que cette figure était ma propre ombre projetée sur la brume tourbillonnante par la petite lumière que je portais. Je compris alors que cette petite lumière était ma conscience, la seule lumière que je possédais."


Les archétypes et les ombres

Ce que les archétypes et les ombres ont en commun est de prédisposer les gens à agir de certaines manières prévisibles. La meilleure façon de comprendre la connexion entre un archétype et son ombre est au moyen d'un exemple : l'archétype du Souverain est représenté par le Roi pour les hommes ou la Reine pour les femmes. 
Si, pour n'importe quelle raison, quelqu'un refoule son surmoi, c'est-à-dire le Souverain intérieur, il ou elle tentera de se comporter selon les deux ombres du Souverain, soit comme :

- un TYRAN (du grec ancien turannos, désigne dans l'Antiquité grecque un individu disposant d'un pouvoir absolu, après s'en être emparé de façon illégitime : abus de pouvoir)

-  un ABDICATAIRE (Abdicataire, du latin Abidcare, qui a abdiqué)

Nous pouvons dire en synthèse qu'un archétype refoulé se manifeste sous la forme de son ombre chez un individu ou dans une société. Tout ce que les ombres ont en commun est la peur de l'autre polarité.

Nous avons déjà une matière précieuse pour observer ce qui se passe dans ce que nous traversons, au-delà de la souveraineté individuelle et collective. Mais poursuivons !

Jung remarque que l'homme rationnel moderne tend à nier le pouvoir des symboles archaïques et des archétypes. "Cette négation est une folie car en terme rationnels, ils semblent absurdes ou hors de propos. Ce sont d'importants éléments constitutifs de notre structure mentale ainsi que des forces vitales dans la construction des sociétés humaines qui ne peuvent être éliminés sans pertes graves." En effet, quand ils sont refoulés ou négligés, leur énergie spécifique disparaît dans l'inconscient avec des conséquences insoupçonnées. L'énergie psychique qui semble avoir été perdue de cette manière forme en fait une ombre toujours présente et potentiellement destructive pour nos facultés mentales conscientes.

C'est peut-être ainsi que l'hypothèse d'un "homme économique" encastré dans toute notre théorie économique nous a aveuglés en ce qui concerne le processus d'une monnaie qui programme nos émotions collectives. Le mystère des cycles de bulles et de crises "irrationnelles" qui hantent périodiquement les marchés financiers les plus sophistiqués sera expliqué plus loin par cette dépendance excessive vis-à-vis d'une rationalité totale. Et le danger de la rationalité excessive est évidemment une distorsion de la réalité et une projection de l'ombre à l'extérieur de soi, de son propre pays, continent, race, etc.


"Le travail de l'ombre est la plus profonde tâche de l'âme"
James Hillman


Yin, Yang et Jung

Je vais maintenant relier ce qui précède au schéma des deux ombres polaires de l'éternel concept taoïste du Yin-Yang. Les taoïstes conçoivent toutes les forces en paires complémentaires comme ciel-terre, feu-eau, inspirer-expirer, tirer-pousser, etc. Bien que de toute évidence ce soient des forces opposées, elles font partie d'une unité ultime, et sont par conséquent mutuellement nécessaires comme les deux moitiés d'une fermeture éclair. 

Dans le contexte spécifique monétaire et social de ce livre, la notion de Yin-Yang se rapporte, entre autres qualités, aux polarités de coopération/compétition, égalitaire/hiérarchique, intuitive/logique, féminine/masculine, etc.

Selon Jung, notre culture est peu familiarisée avec ce concept : "malheureusement, notre pensée occidentale, souvent démunie de toute culture à cet égard, n'a jamais produit, pas même un seul concept, pour l'union des opposés au travers du "chemin du milieu", élément le plus fondamental d'expérience intérieure, ni même un nom qui pourrait être mis sur le concept chinois du tao."
Par conséquent, au risque d'apparaître exotique ou nouvel âge, j'utiliserai le terme Yin-Yang tout simplement parce que nous n'avons pas d'équivalents précis dans nos langues occidentales.

Les psychologues parlent du même processus quand ils disent que l'énergie de l'archétype "gonfle l'égo" dans le premier cas, ou l'affaiblit dans le second. La conscience peut-être vu comme un théâtre personnel où l'égo, c'est-à-dire la perception consciente du moi individuel, l'inconscient personnel et les archétypes collectifs jouent tous leurs rôles respectifs. L'égo n'étant pas conscient de ces autres acteurs est normalement le jouet de l'illusion d'être le seul en charge, oeuvrant sous son propre "libre arbitre".

Toutefois, et aussi longtemps que quelqu'un craint une ombre, l'égo tendra à demeurer coincé dans l'axe, rongé par la peur entre les deux ombres, et il "représentera" inévitablement l'une des deux. Bref un égo qui n'a pas appris à accéder à un archétype de façon adéquate sera possédé par les ombres de cet archétype. Lorsque l'égo a concentré les émotions dans une "marge acceptable", l'image de ce qui est convenable et approprié quand toute la puissance personnelle est mise en oeuvre pour maintenir ou simuler cette image, c'est alors que les ombres commencent à nous hanter. Elles nous entraînent vers des lieux où nous préférerions ne pas aller. Mais elles nous reconnectent également à notre vulnérabilité, nous ouvrent à de nouvelles profondeurs que nous avions oublié posséder. 



Par conséquent, l'ombre n'est pas notre ennemie. 
Paradoxalement, l'ennemi est notre réticence à affronter 
et à embrasser l'ombre.



La souffrance que ce travail cause est le prélude au réveil du sacré dans la vie quotidienne, dans nos relations, notre quotidien et dans une société. Cette idée n'est pas récente, de nombreux sages l'ont mentionnée à maintes reprises dans le passé. 

Ainsi, travailler sur la façon dont nous traitons la monnaie et ses ombres est par conséquent une poursuite troublante. Un tel travail apporte une expansion de la conscience, collectivement et individuellement, aussi puissamment que lorsque nous nous efforçons d'intégrer les ombres de nos relations, de notre communauté et nos propres ombres. Tout ce que nous n'avons jamais appris en faisant face à ces autres ombres peut-être sollicité pour acquérir clarté et sagesse en ce qui concerne le traitement du tabou de l'argent.

Ainsi, les deux émotions-clés que tous les marché financiers modernes révèlent sont :

La CUPIDITÉ et LA PÉNURIE, clairement reliées entre elles par la PEUR.

La cupidité, la nécessité d'accumuler sans cesse est définitivement une énergie de type Yang et la peur du manque est Yin. Ces émotions possèdent tous les traits des ombres, sachant que l'ombre n'est pas l'ennemi. Paradoxalement, l'ennemi est notre réticence à affronter, traverser et embrasser l'ombre.

Finalement, l'auteur introduit un archétype additionnel : la Déesse Mère, la Pourvoyeuse, en tant que cinquième archéthype pour compléter la carte de l'Archétype Humain (Chap. 3 "le cas de l'Archétype manquant).



"Le Tao s'appelle la Déesse Mère : 
vide et pourtant inépuisable, elle engendre des mondes infinis"
Lao Tzu


Le cinquième archétype :

Mon objectif a été de rendre la carte des archétypes la plus simple possible avec le quaternion de l'Archétype Humain et ses fonctions intégrantes : Yin, Yang - Souverain (Roi/Reine), Guerrier, Amant, Magicien (Prêtre, Savant) Déesse Mère (Pourvoyeuse) - Intégration Yin Yang. (Un long chapitre que je ne développerai pas ici).

La psychologie des archétypes montre qu'un homme ne peut être pleinement dans toute sa maturité s'il n'a pas accès à sa dimension féminine, exactement de la même façon qu'une femme ne peut être une femme dans sa totalité sans accéder au masculin en elle. Jung a développé cette idée comme l'intégration de l'animus (l'énergie masculine qui est consciente chez l'homme et inconsciente chez la femme) et l'anima (l'énergie féminine, qui est consciente chez la femme et inconsciente chez l'homme).

L'individuation est définie comme la pleine intégration des deux énergies dans tout humain. 

Le quaternion, cette carte de la psyché humaine a négligé au moins un archétype important selon l'auteur. Le minimum pour notre carte est de cinq. Il se fait également que le nombre cinq s'avère également être lui-même un archétype qui s'accorde avec notre objectif. En effet, le nombre cinq est celui de l'archétype de l'humain : nous avons cinq sens au moyen desquels nous percevons le monde, et cinq doigts dans chaque main qui nous permettent d'interagir avec ce monde. Les anciens appelaient l'être humain le microcosme parce qu'il s'inscrit lui-même à la perfection dans l'étoile à cinq branches avec l'organe sexuel à son centre.

La peur comme commun dénominateur

Le dénominateur commun de toutes les ombres est la peur. Toutefois, la peur est une émotion normale et saine. Lorsqu'un grand fauve vous attaque, ou quand une voiture perd le contrôle devant vous, la peur stimule une montée d'adrénaline qui vous aidera à réagir plus vite qu'en temps normal. Chacun des archétypes possède une marge saine pour les peurs et leurs désirs correspondants. Mais les peurs deviennent des ombres quand elles se figent et s'incarnent de façon permanente. Une ombre pathologique s'incarne quand la peur se fait réaction permanente plutôt que passagère. 

Dans cette perspective, l'histoire occidentale de la répression de l'archétype de la Déesse Mère est celle d'une fixation sociétale croissante sur les peurs spécifiques maintenant inscrites institutionnellement dans notre système monétaire.



La Grande Déesse incarnait en fait la totalité de la carte des archétypes. 
Elle était Reine, Guerrier, Amant, Magicien et Déesse Mère. 


"Conclusion partielle" :

"Le Cas de l'Archétype manquant" a démontré que les systèmes monétaires furent initialement inspirés par l'archétype de la Déesse Mère de leur origine préhistorique à nos jours. Au fur et à mesure que les sociétés occidentales se caractérisèrent par la répression systématique de cet archétype concret, elles développèrent des systèmes monétaires qui incarnèrent les ombres de cet archétype. Ces ombres ne sont pas autre chose que les émotions collectives de cupidité et de peur de la pénurie. Tous les opérateurs professionnels, brokers, administrateurs de fonds et experts financiers confirmeront que les marchés financiers sont mus principalement par ces deux émotions collectives.

La cupidité et la peur du manque ne sont dont pas des reflets indélébiles de la nature humaine, contrairement à ce qui est explicitement assumé dans toute notre théorie économique et dans la majeure partie de notre sagesse conventionnelle. Plus exactement, c'est le système monétaire en vigueur lui-même qui, en offrant une incitation systématique à épargner sous forme de monnaie, crée et renforce constamment ces deux ombres émotionnelles.


"Le problème ne devrait jamais être comment se défaire 
de la pulsion du pouvoir masculin ou féminin.
Le vrai problème est : 
comment l'orienter vers des activités favorables
à la vie et construisant le monde".

Moore & Gillette




Après ce regard posé sur les ombres et les archétypes de la monnaie, regardons "la forêt qui pousse" déjà de part et d'autres. Ces monnaies "YIN", déjà largement développées dans de nombreux pays et peu à peu en France, permettent en effet de favoriser des circuits courts, de prendre soin du bien commun, génère la confiance dans les communautés, entre autres intérêts.

La seule chose à faire, c'est de créer une communauté qui souhaite avancer dans cette direction et rencontrer des personnes qui ont étudié et mis en place des monnaies complémentaires, comme Philippe Derudder et l'association A.I.S.E.S, ou encore visiter le site de la SoNantes, la monnaie complémentaire Nantaise pour mieux comprendre le mode de fonctionnement.

Et un jour peut-être, verrons-nous apparaître la monnaie TAO : 
une Alliance de Yang et de Yin. Elle ne s'appellera certainement plus "monnaie", 
ce nom aura disparu au bénéfice d'un autre ...

A suivre !








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