lundi 4 janvier 2010

Quand humanité se combine avec courage et esprit communautaire


VIVA FAVELA ! Un témoignage de Joaquim Melo.

Un livre riche en humanité et témoignant d'une expérience de 30 ans pendant lesquelles une "favela" à Fortaleza, au Brésil s'est transformée peu à peu en une communauté active et créatrice de richesses et vers laquelle aujourd'hui, le monde entier se tourne, en recherche d'inspiration face à la crise financière qui voit le nombre d'exclus augmenter sur notre planète.

Le "Conjunto Palmeiras" était à l'origine un simple terrain vague où des familles expulsées de la côte touristique, ont été relogées, sans eau ni électricité.
Commence alors un travail quotidien pour obtenir des conditions de vies décentes. La population construit peu à peu un quartier, remplaçant les chemins de boue par des rues assainies et des cabanes d'argile par des maisons en"dur".

Puis la question de la vie de la communauté et de la circulation de la "richesse" est peu à peu apparue. Une banque communautaire est créée, qui s'avère être une banque d'économie solidaire. Puis une monnaie locale échangeable en "reais" (monnaie brésilienne), le "Palmas".

Après des aventures avec la banque centrale du Brésil dont je ne vous dévoile pas ici les détails, l'arrivée au pouvoir de Lula au Brésil en 2002 - qui a mis en place des projets d'aide pour les plus pauvres - la banque Palmas a vu le jour.
A ce jour 47 banques ont été inaugurées dans plusieurs Etats du Brésil. Ces banques communautaires sont la propriété de la communauté et sont gérées par les habitants organisés en association. Au-delà de l'aspect bancaire en "reais", elles sont dotées d'une monnaie "circulante" qui est adossée à la monnaie nationale et offre un pouvoir d'achat à l'ensemble du quartier.

Joaquim Melo, auteur et pilier de cette aventure termine son ouvrage par cette phrase : "Notre expérience peut s'adapter et s'installer partout où vivent des populations démunies. Pour ouvrir une banque communautaire, il suffit d'une pièce, d'un ordinateur et d'une communauté motivée !"

Au Vénezuela, Hugo Chavez a envoyé à Fortaleza une délégation pour étudier le fonctionnement de la banque Palmas. Il a été séduit par l'idée, il l'a mis en place. Il existe aujourd'hui près de 3600 banques communautaires au Vénézuela.
Des discussions ont été entamées avec le Paraguay, l'Equateur, le Mozambique, le Timor-Oriental, le Chili et l'Afrique du Sud.

Et si les pays "dit-riches" avaient besoin, très vite, de s'orienter vers des solutions inclusives respectant les droits de l'homme et de dignité pour tous ?

Article 1 - Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Belle lecture inspirante !


vendredi 1 janvier 2010

Fraternité




Que l'année 2010 puissent ouvrir les portes d'une fraternité d'êtres engagés et oeuvrant pour le Vivant, tels des artisans de lumière qui facilitent chaque jour un peu plus, au niveau individuel et collectif, l'ouverture du coeur.




“Vivre avec coeur n'est pas jouer la carte du sentimental ni du nébuleux, c'est savoir être précis et intelligent. Le coeur ressent la qualité de toute chose dans ce qu'elle a d'unique. C'est la capacité d'apprécier, de chérir grandement tout ce avec quoi on entre en rapport”

Jeremy Hayward

jeudi 24 décembre 2009

Et si nous devenions tous des médecins de la terre ?


Du corps individuel ...

Le corps pour rester en bonne santé doit trouver le juste équilibre entre les nutriments qui proviennent de l'alimentation, l'oxygène et les déchets dans le sang. Il existe un équilibre subtil entre les entrées, les sorties et les systèmes internes qui fonctionnement en interdépendances. Le corps est organisé selon les lois de la nature. Son extrême complexité n'a d'égale que l'incroyable harmonie : des centaines de milliards de cellules, organisées en tissus et organes qui agissent dans des jeux d'interaction sans cesse arbitrés par un équilibre dynamique qui s'adapte aux fluctuations de l'environnement.

Lorsque la maladie s'installe dans un corps, celle-ci ne tombe pas du ciel, au hasard. Elle émerge souvent après une période plus ou moins longue où le corps a fait au mieux pour s'adapter aux perturbations extérieures (stress, rythmes, pollutions, bactéries, chocs ...) ou intérieures (métabolisme déréglé, déficit héréditaire, dépression nerveuse, ...)

Quand les symptômes explosent, c'est le signe que les mécanismes d'autorégulations naturelle ne sont plus suffisants et qu'il faut aider ce corps à trouver un nouvel équilibre. Pour ce faire, il n'est évidemment pas suffisant de supprimer le symptôme.
Le médecin entre ici comme médiateur et réorganisateur des flux du système humain, en lien avec la conscience de l'individu. L'un ne va pas sans l'autre. Les modes de pensée, les façons de gérer individuellement la santé du corps sont multiples.

Le rôle du médecin est ici très exigeant et complexe : il relève d'une capacité d'accueil permettant une écoute subtile de la personne dans les trois niveaux : coeur-corps-esprit. Il nécessite l'humilité d'un être, certes très bien formé et sachant, mais qui doit accepter l'idée que son patient en sait toutefois plus sur lui-même ...

Dans cet équilibre relationnel entre le patient et le médecin, alors il peut se
co-crééer une solution vers la guérison. Quand quelqu'un tombe malade, il s'agit de l'aider à faire qu'à travers sa maladie, il trouve l'occasion de changer d'état de conscience.

Au corps collectif ...

Nous étions récemment (7 - 18 décembre 2009) en plein Sommet sur le climat à Copenhague. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devaient "parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif".
Nous connaissons la suite de l'histoire ...

Qu'avons nous pu observer ?
Il y a eu un dessin de négociations complexes, une gamme de solutions technologiques et économiques pour réduire des émissions de dioxyde de carbone.

Pourtant dans le fond, la solution est "simple", si seulement nous pouvions utiliser la bonne volonté pour la voir.

Ce qui est d’actualité est le fait de savoir si l'humanité a la volonté de simplifier – simplifier les discussions, en reconnaissant le coeur de la question :
- pouvons-nous partager la planète entre nous et avec les autres royaumes de la nature ?
- pouvons-nous réfréner notre soif d’énergie et de ressources ?
- pouvons-nous nous défaire de l’obsession de croissance matérielle, en reconnaissant plutôt le centre de croissance dans la conscience ?
- dans une coquille de noix, pouvons-nous transformer notre culture et simplifier notre mode de vie tout entier ?

Un tel changement planétaire est un changement fondamental de direction, qui est possible seulement avec l'utilisation de la « Volonté de santé » de l’ensemble. Comme notre société mondiale a évolué matériellement de la simplicité à la complexité, le risque est de perdre de vue la simplicité des principes sous-tendus de justes relations au coeur de toutes les communautés en bonne santé. La confiance, la réciprocité et le respect mutuel ont été officialisés en termes juridiques et dans le processus, ils ont été transformés en coques compliquées, affaiblies.

La création d'un traité juridiquement engagé à Copenhague signifie bien peu, à moins que l'esprit de coopération des pouvoirs soit vrai. Cet esprit nécessite un engagement sincère sur des valeurs humaines.

Nous sommes tous les médecins de la terre. Il nous est demandé de retrouver l'équilibre entre la terre et les humains.

Si l’on a dit des cathédrales qu’elles sont des « livres de pierres », on peut dire que le corps humain - dont la structure s’ordonne sur le même schéma - est un « livre de chair ».

Et si nous choisissions pour 2010 de co-crééer une solution vers la guérison, si nous écoutions ensemble battre le coeur de la terre et choisissions de vivre de justes relations au coeur de toutes les communautés, en visant la bonne santé du Tout ?

Je m'engage pour cela.



lundi 21 décembre 2009

Le combat intérieur


Un soir, un vieil Amérindien parlait à son petit-fils du combat qui se livre à l'intérieur de chacun de nous. Il l'expliquait comme suit :
- "il y a deux loups en chacun de nous."

Le loup du Mal : c'est la colère, l'envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l'infériorité, le mensonge, l'orgueil, la supériorité et l'ego.

Le loup du Bien : c'est la joie, la paix, l'amour, l'espérance, la sérénité, l'humilité, la bonté, la bienveillance, l'empathie, la générosité, la vérité et la compassion.

Après y avoir réfléchi pendant un instant, le petit-fils demande :
- "Grand-papa, quel loup gagne ?"

Le Grand-papa lui répond simplement:
- "Celui que tu nourris."

Légende Amérindienne




jeudi 24 septembre 2009

Leadership ou souveraineté ... DYDO 5 403 choisira t'il la liberté ?

Attentive au monde de l'entreprise, lieu où j'interviens, microcosme de la société de pouvoir où se trame des drames et harcellements quotidiens. Dans une grande entreprise où plusieurs personnes se sont données la mort récemment, il n'y a plus d'identité, les personnes ne sont plus appelées par leur nom. Celui-ci a été remplacé par des numéros : "Comme ses collègues, à chaque fois qu’il doit effectuer une transaction, il est identifié par un code comportant quatre lettres et quatre chiffres.
"Le sien, c’est DYDO 5 403".

Comment continuer à vivre dignement quand sa propre identité est niée, remplacée par un code qui rappellerait le bagne. Le nom qui nous est donné est la reconnaissance de notre existence. Quand le nom est remplacé par un code, il ne reste qu'à rejeter sa propre existence.

Je termine l'accompagnement d'un groupe de personnes "leaders" dans leur entreprise, "responsables" hiérarchiquement de nombreuses personnes. Je souligne "responsables car, hélas, elles ont souvent perdu la souveraineté de leur propre vie.
L'accompagnement proposé dure 6 jours et la salle est vide. Quelques chaises, de l'eau et des tapis pour respirer et imaginer ... Les premiers jours sont souvent emprunts de tensions, gênes, refus, détournements de regards, et silences. Parfois la colère se montre devant ce non-faire proposé. "Je suis venu me former au leadership, qu'allons nous FAIRE à présent ?"
Le silence est non seulement accepté ici, il est encouragé. Et là, au sein de ce silence fécondant, ces personnes qui vivent en accéléré dans un "faire" intense, peu à peu s'ouvrent à elles-mêmes. Là où il n'y avait plus de place pour des questions, des interrogations sur le sens de cette vie, peu à peu une faille s'ouvre laissant la place à de nombreuses rationalisations et défenses sur les non-choix effectués.
Jour après jour, les silences deviennent vivants, espaces de communion, de rencontre à soi, de complicité avec la parole de l'autre où de raisonance ... Silence bienveillant. Des mouvements effleurent les visages, un rayonnement, des yeux qui brillent, des lèvres qui sont mordues, une tristesse intense avec un regard dans le vague, et la parole reste difficile pour se dire autrement que par des procédures, des comptes de résultats, des actionnaires mécontents, et finalement une insatisfaction intense et profonde.
Une gorge se râcle et à nouveau la parole jaillit laissant apparaître l'espace d'un monde nouveau. Le partage d'une souffrance, d'un empêchement d'être, d'un oubli de l'Etre ...
Témoignage d'un homme qui me dit ne plus en avoir que pour "15 ans de bagne" avant de penser retrouver une liberté. Mon coeur bondit à entendre ces mots ! Je l'invite à regarder en quoi il est acteur de ses choix, c'est impossible, il ne peut aller jusque là. La société est trop prégnante dans son monde, encore ...
Plus tard une femme retient depuis plusieurs jours des larmes, comment "craquer" quand on est responsable de 25 personnes ... Comment "tout lâcher" quand on est mère de trois enfants ... Alors, retenir est le maître mot. Les mâchoires et la non respiration aident à ce projet de contrôle. Il reste les yeux qui ne trahissent pas. Alors les yeux ne fixent plus, ils èrrent d'un côté à l'autre de la salle, comme si ils cherchaient une sortie ...

Six jours à se dire, à retrouver la parole, l'espace créatif en soi ... les 6 jours se terminent par un cercle, vibrant et reconnaissant de ces précieux partages de vie. Ils ont témoigné avoir retrouvé un souffle : celui de l'être et du faire en plus grand équilibre.

Le garderont-ils ? ils ne savent pas le dire. Ce qu'ils savent, c'est que ce qu'ils ont vécu là restera gravé dans leur coeur.

Un homme termine le cercle par cette phrase : "La première chose que je vais faire en rentrant, c'est de dire aux personnes qui m'entourent que je les aime".

mardi 15 septembre 2009

Grandir en humanité ... c'est grandir en humilité ?

En quoi la symbolique nous permet d'entrer dans le sens de la vie ... Regarder à l'intérieur des mots, c'est rendre la parole vivante, entrer soi-même dans le mot et en recevoir la vibration.

Humus et un mot qui vient du latin et désigne la terre. L'humus est caractérisé par une couleur foncée qui traduit sa richesse en carbone organique.

C'est donc une terre riche, faite de matière souple et aérée, qui absorbe et retient bien l'eau.

Le terme humilité est à rapprocher du mot humus, qui en est la source étymologique, et qui a donné par ailleurs le terme homme. Cela semble signifier que l’humilité consiste, pour l’homme, à se rappeler qu’il est poussière (ou littéralement : « fait de terre », c’est-à-dire de la matière la plus commune).

Enfin, l’origine du mot homme est indo européenne « ghyom » signifiant terre. En grec khthôn – terre et khthonios – souterrain.

Nous pouvons donc relier l'homme, l'humus, la terre, le monde souterrain à l'humilité.
En d'autres mots : l'homme qui pénètre son humus, sa terre intérieure et traverse son monde souterrain atteint l'humilité ?

Ce qui est intéressant c’est que de voir ue le chemin de l’humilité est dirigé non pas vers le ciel mais vers la terre, celle qui est à l’origine de la vie et de l'humanité. Ainsi, comprendre le sens de l’humilité commence par la connaissance de soi et au sens que l’on donne à la vie.

En retrouvant notre humus intérieur, nous prenons contact avec nos racines, nous les visitons, les acceptons et nous retrouvons l'eau circulante, les échanges, le lien en quittant notre infertilité vis à vis de la Terre et de notre terre intérieure.

mercredi 9 septembre 2009

Quand le nombre suffisant sera atteint.

En regardant de plus près la nature, une métaphore nous enseigne sur notre évolution. En effet, selon Elisabet Sahtouris, spécialiste renommée de la biologie de l'évolution, lorsqu'une chenille atteint un certain stade de son développement, elle devient vorace et commence à dévorer tout ce qui se trouve à sa portée. Elle avale ainsi des centaines de fois son propre poids. Une chenille peut dévorer toutes les feuilles d'un arbuste.

En même temps, à l'intérieur de la structure moléculaire de la chenille, des cellules appelées "cellules imaginales" deviennent actives. Pendant que la chenille dévore tout sur son passage, ces cellules imaginales se réveillent et partent à la recherche l'une de l'autre dans son organisme.


Lorsqu'un nombre suffisant (mais pas forcément la majorité - cf notion de seuil critique en systémique-) de cellules a réussi à établir une connexion, ce sont elles qui prennent le contrôle génétique du devenir de la chenille. A ce stade, toutes les autres cellules entrent en putréfaction et se transforment en une espèce de bouillon nutritif, à partir duquel les cellules imaginales peuvent alors créer ce miracle totalement inattendu qu'est le papillon."

Ce texte nous apprend qu'au sein de la chrysalide, la chenille ne se transforme pas en papillon de manière progressive : un corps qui se transformerait puis des ailes qui apparaîtraient. Ce qui se passe réellement, c'est d'un côté une chenille qui dépérit et disparaît, et juste à côté un autre animal, totalement nouveau et différent qui apparaît et se développe : un papillon avec des ailes et capable de voler.

S'agirait-il alors des frémissements d'une re-naissance progressive de l'humanité, qui enfermée dans sa chrysalide, traverserait son propre chaos et s'activerait vers une nouvelle forme de vie ?

Que représente dans notre humanité cette chenille qui doit dépérir pour disparaître ... ?

Il suffit "d'un nombre suffisant"
pour inverser et faire basculer le processus,
afin que les cellules qui ont réussi à établir une connexion,
prennent le contrôle génétique du devenir de la chenille.




Quel est ce papillon qui se développe au sein d'un bouillon nutritif ?